Journal de la construction d'une maison en botte de paille
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Bon, je n’arrive pas à trouver du temps pour poster des billets en ce moment. Juste ce petit mot pour vous dire que les fenêtres vont nous être livrées à la fin du mois, et qu’il faut donc que les bottes de pailles soient posées dans les murs d’ici là.

Si vous êtes intéressés par cette partie la plus symbolique de la construction d’une maison en botte de paille, n’hésiter pas à nous contacter, toute aide est la bienvenue. On va essayer d’y bosser tous les week-ends (11-12, 18-19 et 25-26 avril 2009), et aussi un peu en semaine selon les disponibilités de chacun. Une journée est déjà prévue mercredi 8 avril 2009 (après demain, quoi).

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  • Pour nous téléphoner  : 06 07 44 17 95

Pose des tuiles

mars 31st, 2009 | Posted by Matthieu in Journal de la construction - (4 Comments)

On a donc commencé par ouvrir le toit à un endroit où je soupçonnais que les bottes étaient mouillées (voir ce billet et celui-ci) et miracle, tout était sec  ! Du coup, on est allé voir une « botte témoin », qu’on avait trouvée complètement mouillée la dernière fois qu’on avait ouvert, en janvier, et qu’on avait laissée telle quelle en la repérant. Elle était vraiment trempée, et là, elle est complètement sèche, même pas moisie  ! J’en conclu donc que si une botte mouillée à coeur a du mal à sécher quand elle est empilée verticalement, elle y arrive quand elle est disposée horizontalement, avec de l’air au dessus et en dessous.

C’était donc la bonne nouvelle de l’année.

pose tuilesEnsuite, par mesure de précaution, j’ai décidé de remettre une couche de pare-pluie, car on avait pas mal abîmé la première en ouvrant pour regarder les bottes. Du coup, on l’a posée dans les règles, et on a enchaîné sur la pose des tasseaux de tuiles. Pour fixer le pare-pluie, on a utilisé une agrafeuse à frapper que m’avait prêté Stéphane. C’est vraiment pratique comme outil.

pose tuiles

Vu qu’il s’agit de tuiles mécaniques avec faîtière vissée, il fallait poser une planche de faîte, constituer d’un morceau d’ossature en 5×15, lardée dans les tasseaux de ventilation à travers le pare-pluie. En a posé les tasseaux de tuile sans chercher à faire les jonctions sur les tasseaux de ventilation, et en mettant une petite cale sous les jonctions.

pose tuilesEnsuite, il fallait poser les crochets de gouttières. Je vous met un petit lexique, car quand on veut appeler les différents vendeurs pour comparer les prix, il vaut mieux savoir de quoi en parle. Ca se pose environ tous les 50-60cm, si j’ai bien compris, mais vu que c’est plus pratique de les mettre sur les tasseaux de ventilation, et que les miens étaient espacés de 40, ben va pour 40 (un sur deux, ça faisait peut-être un peu trop espacé, et comme ça ne coûte pas très cher…)

Donc sur les tasseaux de ventilation, mais aussi par-dessus le dernier tasseau de tuile, qu’il faut doubler pour compenser l’absence de tuile pour soulever le bout de la dernière (je ne sais pas si je suis très clair). On prend donc en sandwich le crochet, et le deuxième tasseau est en fait une tranche de volige, parce qu’un tasseau serait trop épais.
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Il faut les positionner de manière à ce que le bout de la tuile soit à environ 3-4cm du bord de la gouttière, de manière à ce que les gouttes de pluie qui remontent un peu par-dessous la tuile retombe quand même dedans, et qu’en même temps, quand par grosse pluie, le jet ne puisse dépasser la gouttière.

Le lendemain de cette semaine sur le toit, j’ai eu une inflammation du genou, je pouvais à peine poser le pied par terre. Un peu d’immobilité, un peu d’homéopathie, et ça repart  !

Le week-end d’après, c’était enfin les tuiles. Le vendredi après-midi, Jean-Pierre est venu avec son téléscopique pour monter les palette de tuile sur le toit. Au fur et à mesure, avec Michel, on défaisait les palettes et commençait à repartir les paquets de tuile sur le toit. Le toit bougeait sacrement au moment où Jean-Pierre posait la palette et enlevait sa fourche, c’était impressionnant, mais bon, au final, en 2h, on avait monté 10 palettes.
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Et le lendemain, on a commencé par disposer les paquets de tuiles à intervalle régulier (il faut multiplier la largeur d’une tuile posée, par le nombre de tuile dans le paquet, et en mesurant, disposer les paquets en quinconce sur chaque rang. Ensuite, Manu est arrivé, et on a commencé par poser les tuiles de rive, puis le rang du bas pour vérifier l’espacement, et hop.
Avec la participation de Christophe, on avait fini dimanche en milieu d’après-midi. La rapidité de la tuile mécanique, et presque l’aspect d’une tuile canal d’occasion  !
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Alors, les cloisons ont été finies grâce à Michel, mais aussi grâce à pleins de visiteurs qui sont venus filer des coups de main. Dans l’ordre  : Erwin et Delphine, Loys, Denis, qui est venu samedi dernier faire une cloison volige-paille avec moi. Merci beaucoup à tous ! !
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La cloison qui séparera notre chambre et la douche (notez la petite porte d’accès direct sur la gauche)

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la cloison qu’on avait faite en février avec Charlie, avec les briques lavées et les joints teintés par Erwin et Delphine (qui ont fait ça très très bien)

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Gabin aussi fait des cloisons

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Mise en place de l’ossature de la dernière cloison (entre les deux poteaux qui portent la faîtière).

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Toujours aussi inventifs question échafaudage

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Cette dernière cloison faisant 5m au dessus des portes, notre règle de 4m ne suffisait plus. Michel a donc relié une règle de 3 et une règle de 2 par une planchette.

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Pour les derniers rangs, plutôt que de s’embêter à remplir les joints par le côté, je met les brique une à une, en « collant » le mortier du joint sur la brique précédente.

Merci ! ! ! !

février 21st, 2009 | Posted by Matthieu in Journal de la construction - (3 Comments)

On a d’abord terminé la première cloison de brique, puis on a attaqué la deuxième, avec 2 complications  : il fallait faire un angle pour faire un léger retour, et surtout, il fallait les mettre sur champ. Un premier essai un peu tardif nous a appris que d’une part, décidément, cette dalle de chaux boit une quantité d’eau monstrueuse, et que d’autre part, mettre les briques d’aplombs quand elles sont sur champ, ce n’est pas une mince affaire. Ca a travaillé Michel, et le soir, il m’appelait pour me faire part d’une idée lumineuse  : utiliser une règle allu pour d’une part remplacer le cordeau, mais surtout pour permettre de mettre les briques d’aplomb, simplement en les plaquant contre la règle. Aussitôt dit, aussitôt fait, je suis allé acheter une règle de 3m, et le lendemain, on y a percé 2 petits trous pour la visser contre les montants de bois qu’on avait mis de part et d’autre de la cloison. On a juste rajouté un montant intermédiaire pour coincer la règle, et éviter qu’elle ne ploie quand on appui les briques dessus. Voici ce que ça donne  :
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Et ça marche super bien. On avance bien plus vite qu’avec le cordeau et le niveau. On a quand même quelques problèmes de décalage, parce qu’une part la règle reste souple (il faudrait d’autres montants de bois intermédiaire, ou avoir une règle rigide dans les deux sens) et d’autre part, dans ce sens là (8,5cm de large par 14,5cm de haut), la moindre petite pente à l’horizontale se voit beaucoup plus à la verticale.
Enfin bref, en 2 jours et demi, on avait fini notre cloison  !
merci
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Ensuite, on a commencé à se préparer pour les cloisons de l’étage. Il a d’abord fallu faire un peu de rangement, d’une part pour les cloisons, mais surtout pour pouvoir mettre les palettes de briques de terre crue. Puis, on a essayé de s’installer confortablement  : D’abord une rambarde le long de la trémie, pour ne pas risquer que Michel, en reculant pour contempler son travail, ne tombe et ne perde la mémoire  : il est le seul à connaître le secret du moteur atomique, et sans lui, pas de voyage sur la lune. Ensuite, la météo annonçant du beau temps, mais avec du vent et du froid, on a installé une bâche sur tout le mur nord, à l’étage. Et bien nous en a pris, car le vent était véritablement glacé, et nous aurait tous rendu fada, mais en plus, la chaux n’aurait pas aimé non plus, ni trop de vent, ni trop de froid. Du coup, il faisait presque meilleur en haut qu’en bas. Et enfin, en attendant Jean-Pierre, le maçon qui était venu pour la dalle, et qui est décidément super sympa, ne vienne avec son téléscopique pour nous monter les palettes de BTC, on a installé un petit plan incliné pour nous permettre d’en monter une palette, et de commencer à travailler. C’était tout con, mais c’est bien plus confortable que sur une échelle. Ce kakou de Christophe a même monté les briques 4 par 4 (soit 28kg).
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Et donc le jeudi, tout le monde est arrivé. Pendant qu’Odile et Colline faisaient un peu de ménage, papa et Michel attaquait l’ossature d’une cloison en bois en bas. Et Charlie et moi, en haut, on commençait une cloison en brique de terre comprimée. C’est une cloison qui tombait un peu mal car dans le sens des solives (les poutres qui portent le plancher), et pile entre deux. Donc elle ne s’appuyait que sur la volige, ce qui n’était bien sûr pas possible. On avait d’abord imaginé de rajouter une solive pile en dessous-la cloison, mais outre que ça n’aurait pas été évident de réussir à la glisser, ça aurait fait 3 solives rapprochées, et ça n’aurait pas été très joli. Après m’être bien cassé la tête, j’ai trouvé la solution  : poser la lisse basse de la cloison sur une sorte de pont entre les deux solives, constitué de morceaux de chevrons 5×5 tous les 20cm, pour répartir la charge. 5cm de chevrons plus 6cm de lisse basse, ça fait à peu près l’épaisseur du complexe isolant+plancher qu’on doit poser par dessus le plancher actuel. Du coup, les briques se retrouveront au ras du sol  :
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Comme vous pouvez le voir sur ces photos, on a posé la lisse basse sur du feutre de lin, sans la fixer sur les tasseaux du dessous, mais en la coinçant simplement entre des petits carrelets, eux-même protégés par des morceaux de feutre de lin. Tout ça pour éviter que les cloisons ne transmettent les bruits d’impact. Voir le livre « l’isolation phonique écologique » pour avoir des détails sur ce système de la « bande résiliante »  :

Les gaines que vous voyez passer, c’est pour pouvoir mettre une prise et un interrupteur dans la cloison. je perce les briques au fur et à mesure avec une grosse mèche de 18 montée sur un perforateur que m’a prêté mon électricien-plombier. La terre est assez tendre, donc je n’ai pas besoin d’utiliser la percussion. En fait, une simple perceuse suffirait (à condition d’avoir la bonne mèche), mais ce perforateur sans fil est tout de même rudement pratique. Ensuite, pour les boîte, une scie-cloche diamant fait parfaitement l’affaire (ne tentez pas la scie-cloche à bois).
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Autre chose qu’on voit sur les photos  : les vis qu’on a mis dans la lisse basse. Ce sont des vis en inox, qui seront prises dans chaque joint vertical entre les briques. Car le mortier n’adhérant pas très bien sur le bois, il fallait faire en sorte que la cloison soit bien tenue en bas. Des vis inox car la chaux corrode l’acier normal.

Dans la journée, on a juste réussi à faire ces préparatifs, et 2 rangs de brique. Pendant ce temps, en bas, ils faisait toute l’ossature de la cloison, plus la volige sur une face.

Le lendemain, on a changé un peu les équipes. Charlie et moi avons continué notre cloison en brique, mais Michel est monté travailler sur les encadrements de fenêtre, et sur la préparation de la prochaine cloison en brique de terre compressée. Pendant ce temps, Papa, Odile et Colline ont posé la deuxième face de volige, avec la paille au milieu  :
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Samedi, Michel est venu remplacer Charlie pour la cloison BTC, et l’équipe cloison en bois à fait la deuxième face et la paille de la cloison de la salle de bain.

Et dimanche, pendant qu’avec Michel on finissait notre cloison, et on en préparait une autre, Papa, Lisa, Bernard et Domi on commencé à mettre les bottes de paille dans le mur nord. Et ils ont réussi à finir ! ! ! Ils étaient un peu sur les genoux, car autant les premières bottes se posent assez facilement, autant les dernières, quand il faut forcer pour les rentrer en haut d’une échelle, c’est une autre paire de manche  !
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Si vous voulez avoir d’autres infos sur les cloisons en BTC, je vous conseille d’aller sur ce site La maison en paille de Claire, qui a utilisé d’autre briques du même fabricant que moi.

Quelques nouvelles en coup de vent :
La formation avec Mariano s’est super bien passée vendredi dernier. Ca valait vraiment le coup, parce qu’il nous a montré tous les petits trucs tout simples qu’on aurait mis un temps fou à trouver, voir à ne pas trouver du tout.

On a réussi à monter 3 rangs (de 11 briques et demi chacun), et aussi à faire des tests d’enduits chaux et terre.

premiere cloison brique terre compressee
premiere cloison brique terre compressee
premiere cloison brique terre compressee
premiere cloison brique terre compressee
premiere cloison brique terre compressee
premiere cloison brique terre compressee

Depuis, on a continué la cloison avec Michel, et ce soir, elle est presque finie (manque 3 rangs). En gros on fait 1 rang à l’heure, à deux, tout compris (mise en place, nettoyage). Ce qui nous fait donc, pour les 1258 briques qu’on a acheté, environ 13 jours de boulot ! ! J’espère qu’on va réussir à aller plus vite. Mariano nous avait prédit 40 briques par jour et par personne, et c’est à peu près ça. Mais il nous a aussi dit qu’avec l’expérience, on pourrait sans doute monter à 60 briques. On verra. Mais déjà 40 briques, c’est tuant. Je finis la journée sur les rotules.

Un grand merci à Matthieu et Stéphanie qui sont venus nous filer un coup de main Dimanche. Matthieu s’est transporté une palette de briques à lui tout seul, sans la brouette ! ! Pendant ce temps, Stéphanie a « cousu » quelques demi-bottes pour le mur de la cave.
premiere cloison brique terre compressee
premiere cloison brique terre compressee

Ca y est, la date est décidée  : Mariano vient nous faire la formation pour les cloisons en briques de terre compressée, et les enduits terre sur paille. Vous êtes tous les bienvenus si ces techniques vous intéressent. Mariano est un professionnel qui a une très longue expérience de la terre et des maisons en bottes de paille. Si vous pouvez pas venir vendredi, on devrait continuer les cloisons samedi et dimanche, et sans doute après, mais sans Mariano.

Finalement, la neige n’a pas duré, et dès le week-end dernier, on a pu s’y remettre avec Michel. On a commencé par faire une cloison, avec la technique volige paille d’Eric. A la base, c’était une technique volige/fibre de bois, mais apparemment, c’était difficile de faire tenir l’enduit dessus. Du coup, il a remplacé les panneaux de fibre de bois par de la paille, et les brins qui dépassent aident vachement à la tenue d’enduit. Ce n’est pas suffisant pour avoir une régularité de surface entre les zones volige et les zones pailles, du coup, il a rajouté un filet en jute aux mailles très larges (10×10), et là, c’est parfait. Je suis passé voir chez lui, ça fait une surface parfaitement régulière.

J’ai donc adopté ces modifications. Par contre, lui, il a aussi réduit l’âme de la cloison, qui était initialement en 4cm d’épaisseur, pour laisser la place à des plaques de fibres de bois de la même épaisseur, mais avec la paille, ce n’était plus nécessaire, du coup, il fait ses structures aussi en volige. Mais moi, j’avais déjà acheté mes tasseaux 4x5cm, donc je les utilise. D’autant que j’ai une volige assez fine de 17mm. Du coup, au lieu de rentrer de la paille tassée en vrac entre les deux couches de volige, je mets carrément des tranches de botte de paille. Ca marche plutôt bien, même s’il reste pas mal de trous qu’il faut ensuite combler avec de la paille en vrac.

C’est un système de cloison que je trouve vraiment très bien :
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  • on commence par construire une ossature (dans mon cas en tasseaux 4x5cm). Une lisse basse fixée dans le sol, une lisse basse fixée dans le plafond, et des montants verticaux tous les 60-70cm. Moi, j’ai fait tous les 70, pour avoir la place de rentrer 2 tranches de bottes de paille à la verticale (2×35=70). C’est un entraxe de 70, donc ça fait un espace dispo de 65cm.
  • Ensuite, on met une première couche de volige à 45 degrés, à claire-voie. Eric me disait qu’il s’était fait livrer de la volige en 5-6cm de large, et qu’il les espaçait d’autant. Moi, ma volige est beaucoup plus large, j’ai donc du la recouper dans le sens de la longueur. Je ne recoupe que quand ça fait plus de 10cm de large. Je me retrouve donc avec des planches entre 7 et 10cm, et je les espace de 7, environ. On fixe à l’agrafeuse à air comprimé.
  • et puis on met la deuxième couche de volige, dans l’autre sens, en coinçant entre les tranches de botte de paille. Le résultat est si joli, qu’on aurait presque envie de le laisser comme ça.
  • Il ne restera plus qu’à enduire les deux faces à la terre, non sans avoir mis ce filet en jute.

Les gros avantages de cette technique sont  :

  • ça coûte pas cher
  • c’est très contreventant
  • c’est naturel

Le principal inconvénient est que ça prend sans doute plus de temps à faire qu’avec un système de plaque (fermacell ou autre). Mais bon, ça, avec la maison en botte de paille, on est habitué  : ça coûte pas cher, mais ça prend du temps.

Ensuite, on a fait les murs en paille de la cave, cette petite extension qu’il y a au nord de la maison, et qui va servir de réserve derrière la cuisine. Vu que c’est que sur un étage, on a pas besoin de faire le contreventement avant. Et puis on se disait que ça permettait de faire un petit refuge abrité du vent si le froid revenait. Et en même temps, ça permet de tester un peu la technique, avant de se lancer « en grand » dans le reste de la maison.
C’est vraiment très agréable à faire, et assez rapide. Ce qui prend le plus de temps, c’est la dernière botte, qu’il faut rentrer après avoir tassé les précédentes au cric. Un truc à savoir  : le cric d’une Ford Ka ne convient pas du tout  ; il vaut mieux un bon cric traditionnel en forme de losange, car il applique une poussée beaucoup plus régulière.
Et puis bien sûr, les petits triangles qui reste en haut des murs sous rempants sont aussi assez chiants à remplir. Pas sûr d’avoir la technique ultime pour le moment. En tous cas, une chose est sûre  : il faut rentrer des bottes de paille entières jusqu’en haut, puis les tasser au cric, et les bloquer avec soit un tasseau de part et d’autre de l’ossature, soit une planche entre les deux montants. Ensuite, il ne reste plus que ce petit triangle avec de la paille en vrac tassée à la main ou au cric, puis avec des morceaux de bottes taillées en biais et reficellées.
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Ca, c’était juste pour le week-end. Ensuite, pendant la semaine, Michel s’est occupé de faire les cadres pour les portes intérieures qu’on avait achetées d’occase. Pendant ce temps, moi, je suis allé acheter 2 portes qui nous manquaient chez Leroy Merlin. Ben finalement, pas sûr que la porte d’occase soit plus intéressante. Refaire des cadres, c’est long et coûteux. Alors qu’on trouve d’assez belles portes en chêne pour 150 euros dans les magasins de bricolage.

J’ai ensuite attaqué une autre cloison, mais en faisant simplement une couche de volige, car c’est suffisant pour l’aspect contreventement de la maison. Il sera toujours temps de faire plus tard la deuxième couche et la paille.

Puis Michel est revenu, vendredi, et on est allé ouvrir le toit pour voir si la paille avait souffert de toutes ces fuites. Le résultat est au final assez étrange, car je m’attendais à trouver toutes les bottes un petit peu mouillée, et en fait, il n’y en a que quelques unes très mouillées, et les autres totalement sèches. Quand je dis très mouillées, je veux dire que quand on rentre sa main dedans, elle ressort mouillée (alors que ça fait plus d’un mois qu’elle n’ont pas pris l’eau). Donc tout se passe comme s’il n’y avait eu que quelques fuites localisées. Pourtant, impossible de trouver l’origine de ces fuites (si ce n’est effectivement les trous d’agrafe, mais qui sont partout…)
Si la proportion est respectée, il doit y avoir 20-30 bottes mouillées sur tout le toit. Difficile de savoir quoi faire. Sur la zone qu’on avait ouverte (environ 1/10ème du toit), on a changé les mouillées sauf une, pour laquelle on a aménagé une sorte de trappe, pour pouvoir facilement revenir voir comment elle se comporte et on a refermé.
Dans l’ensemble, on dirait qu’à l’endroit où les bottes étaient encore mouillées, les auréoles du plafond étaient plus marquées qu’ailleurs. Je pense donc que dans un premier temps on va se contenter d’ouvrir le toit seulement au dessus des zones avec des auréoles très marquées, et changer ces bottes. Pour les autres, on va espérer qu’elles finissent de sécher toutes seules, surtout une fois que la maison sera fermée, et que le solaire passif commencera à fonctionner. Quitte même à mettre un petit chauffage d’appoint. Enfin bon, on verra. En attendant, on laisse la bâche par dessus le pare pluie, et on se dépêche de faire les murs.

Au programme des prochaines semaies  : continuer les cloisons en bois, et surtout attaquer les cloisons en briques de terre crue. Pour cela, j’ai fait appel à Mariano Delantonio, qui est un spécialiste de la terre, et qui viendra nous former pour les briques et pour l’enduit. Si vous êtes intéressés, surveillez le site, je mettrai la date dès que je la connaîtrai. Ce sera sûrement (du moins je l’espère) le week-end prochain, ou le suivant.

Meilleurs vœux à tout le monde, et si dans vos vœux et bonnes résolutions, vous pouviez prévoir une bonne sécheresse, ça m’arrangerait, parce que là, j’ai regardé sur le site de météo-france qui donne l’historique de la pluviométrie sur 10 ans, en 2008, chez nous, il a plu le double de l’année dernière, et c’est le record depuis 10 ans ! ! On ne pouvait pas choisir une meilleure année pour construire…

Bon, sinon, vous l’aurez deviné, je ne suis pas retourné bosser sur la maison le mois dernier, et aujourd’hui, on a essayé d’y aller avec Michel, et ben il s’est mis à neiger ! ! ! (pour ceux qui savent pas, ici, en général, il neige une fois par an, et ça fond en quelques heures). En plus, il faisait un froid de canard, donc on a remis ça à vendredi. L’année commence bien. Enfin bon, en attendant, c’est joli, ça commence à être tout blanc par chez nous. Mais faut pas que ça dure, parce que question fuites et infiltrations, la neige, c’est pire que la pluie…

En fait, au tout début, on pensait mettre des briques de terre cuite. On avait vu les prix des Claytec, et ça nous paressait raisonnable (environ 65 € le m2 en 12cm d’épaisseur). Mais bon, faire venir de Belgique quelque chose d’aussi lourd, écologiquement, ça le faisait pas trop. On a donc cherché plus proche de chez nous. Et là, Valérian nous a parlé de briques de terre comprimée fabriquées dans la région, par Olivier Scherrer. Ca paraissait le bon plan. Quand on les a vues, les briques, on les a trouvées superbes, mais quand Valérian nous a annoncé le prix, 100 € du m2, on a un peu déchanté.
J’ai donc commencé à chercher sur internet d’autres fabricants. De prime abord, quand on tape « fabricant brique de terre crue » sur google, on trouve pas grande chose. Mais bon, avec un peu d’acharnement, j’ai fini par trouver plusieurs fabricants.

  • D’abord un en Bretagne, là aussi trop loin pour nous, mais les prix annoncés sont intéressants  : 30 € le m2 ! ! C’est la scoop Terreaterre
  • Ensuite, c’est dans la région de Toulouse (forcément) qu’on en trouve le plus. Argiléo à l’air de faire de très beaux produits, et s’ils avaient été un peu plus rapides à répondre, je serais sans doute passé par eux. Ils m’ont fait un devis à 52 euros le m2, en 10cm d’épaisseur
  • Un autre vers toulouse, c’est Barthe. C’est une société qui fait de la brique et de la tuile depuis le 18ème siècle. Ils ont un produit qui a l’air très intéressant, c’est la Brique de terre crue chanvrée. C’est plus pour faire des murs extérieurs, car c’est isolant (ils annoncent une conductivité de 0,27 ce qui est pas mal du tout pour un matériaux dur. Ils m’ont fait un devis à 75 € le m2.
  • Et puis donc Valérian à continué à chercher de son côté, et il s’est fait conseiller l’entreprise Fontes Refractaires, à Revel, qui comme son nom l’indique, est spécialisée dans les briques réfactaires, et qui propose des BTC en 29×14,5×8,5. Elles sont prévues pour faire des murs de 14,5 d’épaisseur, ce qui revient à 90 euros le m2. Par contre, si on les utilise sur champ, pour faire une cloison de 8,5 d’épaisseur, ça ne coûte plus que 53 € le m2. On a donc décidé de faire un mix des deux  : 14,5cm pour le mur derrière le poêle, qui doit être un peu porteur, et 8,5cm pour les autres cloisons.

Voici une fiche technique de ce produit.

J’ai commandé sans les avoir vues, mais on a été heureusement surpris. Ca ne ressemble pas du tout aux BTC artisanales, qui sont granuleuses. Ils doivent utiliser une boudineuse, et du coup, les 4 faces « longues » sont lisses, comme des carreaux de terre cuite. C’est superbe  ! La couleur de la terre est très belle, aussi.
livraison btc (briques terre crue) cloisons interieures
Elles ont une densité de 2 (soit 2 fois plus lourd que l’eau), ce qui fait 7kg par brique. On va s’amuser à trimbaler tout ça…

La cave, si vous reprenez le plan, c’est cette petite pièce qu’on a mis au nord, contre la cuisine. Le toit n’était pas encore fait, on a donc commencé. Bernard et Domi sont venu m’aider pour poser le pare-poussière, et la volige apparente par-dessous. On a pas commencé l’isolation en botte de paille toute de suite, car je voulais d’abord poser les chevrons du porche, de manière à pouvoir faire tout ce toit d’un coup. (le porche est la continuation du toit de la cave, au dessus de la porte d’entrée.
Pour poser les chevrons du porche, il fallait d’abord mettre le poteau, et pour poser le poteau, il fallait faire un pilotis. J’ai donc commencé par là. J’ai fait ça avec des pierres et un béton de chaux, vu qu’il me reste plein de chaux.
Bon, le problème de la chaux, c’est que ça sèche lentement, mais lentement…
Et donc, une fois le poteau mis, j’ai pu poser les chevrons (enfin, c’était pas si simple, parce qu’il fallait faire plein d’ajustements, ça m’a pris un temps fou).
avance lentement mais lentement...

En même temps, je me suis occupé de siliconer les tasseaux sur le toit, pour éviter de nouvelles infiltrations par les trous des agrafes. J’ai d’abord commencé à le faire avec un pistolet à main, mais bon, au bout de 6 tasseaux, j’en pouvais plus. Michaël m’a donc prêté son pistolet à silicone qui fonctionne à air comprimé. Vraiment génial, comme outil. C’est tout con, et ça fonctionne vachement bien :
avance lentement mais lentement...
Il n’y a même pas de piston, c’est l’air qui pousse à l’intérieur de la cartouche. Du coup, quand on relâche la pression, ben ça s’arrête de couler immédiatement, à la différence d’un pistolet à main.
avance lentement mais lentement...
Bon, faut chopper le coup de main, quand même. Le premier tube, il s’est vidé en 30 secondes. Il a fallu que j’adapte la pression du compresseur, et la taille de la découpe en biseau de la douille.
Au début, ça fait un peu des pâtés comme ça  :
avance lentement mais lentement...
Mais à la fin, je te faisais ça avec une régularité et une vitesse, mon pauvre  !
avance lentement mais lentement...
Enfin bon bref, je me suis rendu compte que d’une part, il y avait d’importants jours sous les tasseaux, du fait des différences d’épaisseur de volige, et que donc l’eau pouvait facilement passer en dessous, et que d’autre part, j’avais été plus que généreux sur le nombre d’agrafes, et que par rapport à la pose classique, avec 3-4 clous par tasseau, j’avais balancé 10-15 agrafes par tasseau, soit quantité de trous. Ce qui explique ces fuites.

Après la pluie suivante, je suis retourné voir, et il y avait encore de l’eau qui était rentré. Moins quand même, mais suffisament pour traverser la paille, et goutter par le plafond. Je suis donc remonté, et j’ai colmaté encore plein d’endroit où je n’avais pas mis assez de silicone. On va voir ce que ça donne à la prochaine pluie.

Tout ça sans savoir si la paille a commencé à pourrir dedans ou pas. Il faut que j’attende que ce soit sec, pour ouvrir par en dessous en divers endroits, et vérifier que la paille est saine. J’ose pas imaginer la galère si elle a commencé à pourrir…