Journal de la construction d'une maison en botte de paille
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Le toit du préau

novembre 12th, 2008 | Posted by Matthieu in Journal de la construction - (0 Comments)

Donc samedi 25 octobre, juste après avoir fait la dalle, avec Bernard et Bernard, on a fini de poser les chevrons. Ce fut l’affaire d’une paire d’heure, et ça m’a fait d’autant plus râler d’avoir été interrompu par la pluie la dernière fois. La pluie aurait commencé 2h plus tôt, on aurait fini les chevrons, et j’aurais pu poser la volige et le pare-pluie depuis belle lurette, et ça m’aurait évité de perdre de la paille… Enfin bon, avec des « si », on autoconstruit sa maison en 3 mois…

toit preautoit preautoit preautoit preau

Ensuite, dimanche, avec mon Papa et Odile, on a monté de la volige à l’étage, on a fixé la première planche du bas, et j’ai pu commencer à poser la volige sur le toit. Et là, de nouveau ça va super vite  ! Je suis juste un peu freiné parce que je n’ai presque plus d’agrafes.

Le déluge

Et puis là, le temps de commander des agrafes, catastrophe, un épisode cévenole  ! Enfin, pas un gros, vu qu’on a pas eu d’inondations (elles ont frappé plus haut), mais une semaine de pluie quasiment ininterrompue, avec de belles bourrasques de vent du sud…
Donc bien sûr, pas possible de finir le toit du préau, mais en plus, des bâches qui se soulèvent, et une bonne partie des tas de paille trempés ! !
On a rebâché tant bien que mal, et on a attendu la fin de la pluie, en cauchemardant sur notre paille trempée, en train de fermenter sous la bâche… Pas facile tous les jours d’être un autoconstructeur…
Et en plus, quelques jours plus tard, toujours pendant la pluie, je m’aperçois que j’ai des fuites au plafond de la maison  : de l’eau est passée à travers le pare-pluie, et a donc mouillé l’isolation en botte de paille  ! catastrophe, tout risque de moisir ! ! ! Je monte sur le toit, mais le pare-pluie est toujours en place. Pas de trace de trous… Comment l’eau est-elle passée  ? Après discussion avec Michaël, il semble qu’elle soit passée par les trous des agrafes. J’aurais du respecter la norme, qui consiste à poser et agrafer le pare-pluie par-dessus les tasseaux de ventilation, car de cette façon, les trous sont au sommet d’une bosse, et donc, très peu d’eau peut y passer.
Bon, mais là, il n’y a rien à faire si ce n’est attendre que la pluie s’arrête, en priant pour que la paille sèche sans moisir. Parce que si elle moisi, ça veut dire arracher les liteaux (qui sont solidement agrafés), enlever le pare-pluie, arracher la volige, changer la paille et recommencer  ! Au moins une semaine de boulot à deux ! ! génial ! !

toit preauBref, petit à petit, la pluie se calme un peu, et je peux recommencer à faire le toit du préau, et enlever les bâches pour constater l’étendue des désastres. Beaucoup de bottes sont mouillées, et certaines ont commencé à pourrir, mais pas toutes.

toit preau Je finis de poser la volige rapidement, et cette fois ci, je met les liteaux d’abord, puis le pare-pluie. Finalement, c’est presque plus simple à faire que l’inverse, en tous cas tant qu’il n’y a pas de vent.

toit preautoit preau

Une fois ça fait, on a pu s’occuper de la paille. Le but était de passer toute la paille encore sèche sous le préau, où elle sera à l’abris, et ne me gênera pas. Mais pour la protéger encore mieux, je décide de rapidement construire les murs du préau avec les bottes mouillées. Je fais d’une pierre 3 coups, car  :
– c’est le meilleur moyen de les faire sécher
– ça protège les séches
– et sinon, je n’aurais pas su quoi en faire, de ces bottes mouillées
– et puis aussi, ça permet d’expérimenter un peu le système.
toit preauAvec Bernard et Domi, on a donc trié le tas de paille qui avait pris l’eau, en mettant le côté les bottes pourries, dans les murs les bottes seulement mouillées, et sous le toit les bottes sèches. Au total, il y a environ 250 bottes qui ont pris l’eau. Ey sur le tas, je pense pouvoir en récupérer au moins une centaine, en les utilisant pour faire des bottes plus courte, pour enlever la partie qui a pris l’eau.
toit preauLes murs se font vraiment facilement. Tout seul et en quelques heures, j’ai monté quasiment entièrement les deux murs du préau. Et encore, les bottes sont globalement trop grandes, j’ai donc du forcer un peu pour les rentrer (à tel point que les angles se sont un peu arqués). Bon, je me suis pas fait trop chier pour faire un mur complètement plat, mais le principe y est. C’est agréable à faire  : ça va vite, et on sent tout de suite que ça protège ce qu’il y a à l’intérieur. Ca me console un peu de tous ces déboires.
toit preau
À la fin, je monte rapidement un petit mur « porteur » sur la façade sud du préau, pour protéger le bas du tas, qu cas où il y aurait du vent à la prochaine pluie.
Depuis, il y a eu quelques jours de pluies, mais pas bien fort, et sans vent. Les murs n’ont même pas été mouillés.

Avant de couler la dalle, il fallait finir l’isolation périphérique. En effet, on avait déjà fixé des plaques de liège à la verticale, à l’intérieur des fondations, mais pour compléter le dispositif, il fallait en mettre à l’horizontale, en périphérie de la maison, sur 1 mètre de large, afin d’éviter au maximum les déperditions vers l’extérieur. On ne les avait pas posées toute de suite pour ne pas les abîmer, on s’en est donc occupé avec Laurence la semaine précédent le coulage de la dalle.
dalle beton chauxÇa n’a pas été une mince affaire, car il fallait d’abord enlever le surplus de concassé. Et comme j’avais initialement prévu seulement une dalle de 10cm, et que maintenant je prévois une dalle de 10 + une chape de 5, ben il y avait en gros 5cm de concassé en trop. Pas tout à fait, car heureusement, il s’était tassé de presque 5cm à l’endroit le plus haut. Mais bon, il a quand même fallu que je bouge 2-3 mètres cubes de cailloux, à la pelle et à la brouette… On a fini vendredi soir, bien vannés  :
dalle beton chaux

Pendant ce temps, je me suis fait livrer 24 tonnes de mélange à béton (sable + gravier), et 120 sacs de chaux.

Et samedi matin, à 8h, on a attaqué avec mon papa, Bernard, Manu, et Stéphane au début. J’ai fait une vidéo pour bien vous expliquer le principe du coulage d’une dalle au téléscopique  :

Pas mal, hein  ? J’ai jamais coulé une dalle à la bétonnière, mais ça nous aurait pris bien 2 jours.

La chaux NHL3,5, que j’ai utilisée, est sensé sécher en 12 heures. Mais en fait, vu l’épaisseur, plusieurs semaines après, ce n’est toujours pas tout à fait sec. J’ai eu pas mal de fissures, surtout au dessus des plaques de lièges, mais que j’aurais sans doute pu éviter en faisant des joints de dilatation. En effet, en séchant, une dalle se rétracte, et si on a prévu des joints de dilatation, la rétractation se fait à ce niveau. Sinon, des fissures se forment de manière irrégulière. Mais ça ne pose un problème que si la dalle reste visible, ce qui n’est pas mon cas.

Le temps de se mettre en place, on a vraiment commencé à 8h30, et à 12h30, c’était fini. Il ne restait plus qu’à nettoyer les outils. En tout, on a du faire entre 8 et 9m3 de béton. On a consommé 80 sacs de chaux (3 par malaxeur), et, à vue de nez 18 tonnes de sable.
dalle beton chaux

Le week-end du 19 octobre, on a essayé de poser les chevrons du préau  : Samedi, j’ai tout préparé (découpe des chevrons, ponçage, marquage, etc.), et dimanche matin, avec Manu et Bernard, on a attaqué.
chevronnage preau On a commencé par s’installer un échafaudage de professionnel, pour pouvoir travailler confortablement à la bonne hauteur. Les échelles, c’est bien pour travailler à un endroit ponctuel, mais là, pour le débord de toiture, il fallait pouvoir accéder à toute la longueur du chevron, pour pouvoir poser les petites pièces qui portent le chevron qui est dans le vide.
Ce coup-ci, je n’ai pas refait l’erreur de découpe, donc le système sera solide sans avoir besoin de rajouter des cornières métalliques. Il ne me restait plus assez de chevrons pour en découper un, pour faire ces petits bouts, j’ai donc fait ça avec des morceaux d’ossature (5×15).
Du coup, ça va très vite, et on arrive à finir avant midi, sans trop d’efforts, ce qui nous avait pris une journée pour le premier débord de la maison. Ouf.

chevronnage preau
L’après-midi, avec bernard, on attaque la suite des chevrons, mais on a a peine eu le temps d’en poser 3 qu’il s’est mis à pleuvoir, on a du tout plier en catastrophe pour pouvoir rebâcher le tas de paille sur lequel on était installé. J’étais vert ! ! ! En plus, le temps qu’on bâche, la paille avait déjà pas mal pris l’eau… On a quand même pris le temps de refaire un tas en pente, pour éviter les flaques de la dernière fois.

Il a plu quelques jours, et comme j’avais mal recouvert le tas n°2, il y a quelques bottes qui ont pris l’eau.

chevronnage preau

C’est rageant d’être si prêt du but (le toit du préau), et d’être bloqué comme ça…

Bon, après 2 semaines sans rien, on va s’y remettre  : ce week-end et cette semaine, je prépare le terrain (égaliser le hérisson, poser le liège périphérique), et samedi prochain, le 25, on coule la dalle. Un maçon va venir avec son télescopique, son malaxeur et sa règle vibrante, donc on aura même pas à faire les bétonnières et les brouettes. Mais va quand même falloir remplir le malaxeur avec les 10 tonnes de sable, donc je suis pas contre un petit coup de main, si vous avez des muscles qui servent pas.

previsions travaux
previsions travaux
previsions travaux
previsions travaux
previsions travaux

En plus de tous les coups de main, j’avais décidé de me payer les services de Michel, qui est sacrement efficace, et qui cherchait justement du boulot. Bien m’en a pris, parce que sinon, je me serais retrouvé tout seul lundi, pour finir le toit avant la pluie, j’étais mal !
isolation toit botte paille c' faitOn a commencé vendredi avec Michel, par mettre des équerres métalliques pour arrimer plus solidement les chevrons à la lisse haute et à la poutre faîtière. Parce que vu l’épaisseur (3cm) de ces chevrons, le lardage n’était pas suffisant. Le week-end précédent, on avait aussi bouché l’extrémité des chevrons avec une planche, et j’avais corrigé ma petite erreur sur le débord de toiture, en mettant des cornières métalliques :
isolation toit botte paille c' faitisolation toit botte paille c' fait

isolation toit botte paille c' faitL’après-midi, Manu nous a rejoint, et on a commencé à mettre la volige du haut sur le débord de toiture (vu qu’on n’isole pas le débord de toiture). Et c’est beaucoup plus confortable de le faire par l’intérieur comme ça, que par dessus, une fois que le plafond est fait, et qu’on est obligé de s’approcher du bord du toit pour clouer.

isolation toit botte paille c' fait
Samedi, en plus de Michel et Manu, Mathieu et Thomas sont arrivés, et on est rentré dans le coeur du sujet  : clouer la volige du plafond par en dessous. On avait choisi de mettre de la volige, parce qu’on aime pas trop l’aspect d’un lambris classique, et puis parce que c’est pas cher. On avait au départ pensé la laisser brute, mais on s’est vite rendu compte qu’il fallait quand même la poncer un peu. Ce qu’on a donc fait. Mais puisque cette volige va porter les bottes de pailles, il faut bien la fixer. C’est donc des clous de 90mm galvanisés. Le système avait été prévu par Michael au départ pour un espacement entre les chevrons d’environ 90cm (la longueur d’une botte de paille), mais au moment de poser les chevrons, j’ai eu peur que ce soit un peu trop écarté, et j’ai donc réduit à 79cm d’entre-axe. En fait, je pense que 90cm n’auraient pas posé de gros problèmes, mais c’était quand même plus sécurisant en 80cm.

isolation toit botte paille c' fait
J’avais fait le premier tas de paille juste à côté de la maison, pour ne pas avoir à les déplacer sur une trop grande distante, mais en fait, ça fait aussi un merveilleux échafaudage que je vous recommande à tous, quand c’est possible. On a pu mettre une passerelle depuis le 1er étage de la maison jusqu’au tas de paille, qui n’est écarté que de 2m, environ, et ensuite, on a posé une échelle sur le tas de paille, bien accrochée au toit. Du coup, pour monter sur le toit, il suffisait de passer la passerelle et de monter l’échelle, en toute sécurité. Pour monter les bottes de pailles, c’était forcément pratique (on défaisait le tas autour de l’endroit où était appuyé la passerelle et l’échelle), et puis pour monter la volige sur le toit, on le faisait en 2 temps  : d’abord sur le tas de paille, puis sur le toit. Enfin bref, dans tous les cas, bien plus pratique qu’un échafaudage, qu’une échelle de 7m, ou même que passer par l’intérieur de la maison. A mon avis, sur la semaine de boulot, ça nous a bien fait économiser une journée, ce système.

isolation toit botte paille c' fait
Au fur et à mesure qu’en dessous, on fixait le kraft et la volige du plafond, par dessus, on pouvait commencer à mettre les bottes de paille, et à immédiatement couvrir avec la volige. C’est Thomas qui s’est acquitté de ça, et ça va vite  ! Je pensais avoir des bottes en 80cm de long qu’on pourrait rentrer entre les chevrons, ou des 90 un peu molles qu’on aurait pu tasser. En fait, je n’avais quasiment pas de 80, et impossible de tasser les 90 de plus de quelques centimètres. On a donc décidé de couper les ficelles des bottes, et d’enlever une tranche pour que ça rentre. La tranche enlevée était réutilisée avec d’autres pour remplir l’espace d’à côté. Vu que pour le toit, j’ai pas besoin de la même densité que pour les murs, ben ça se fait sans problème, et la densité était quand même suffisante pour qu’on puisse marcher sur les bottes sans s’enfoncer.

isolation toit botte paille c' fait On a commencé le plafond des deux côtés à la fois, jusqu’à l’endroit où le plafond cesse d’être rampant, et passe à l’horizontale. Comme ça, on a pu facilement poser les chevrons horizontaux, et les fixer dans les chevrons en pente, avant de reprendre la pose de la volige.

Dimanche soir est arrivé, et on était loin d’avoir fini. Il faut dire que poser 100m2 carré de plafond en volige, même si c’est plus rapide que du lambris, ça prend du temps. Elle est théoriquement en largeur fixe, mais avec le séchage, ce n’est plus trop vrai, certaines planches sont trop étroites, d’autres trop larges, et souvent les deux à la fois. Il faut donc trier, raboter, etc. En plus, plutôt que de faire la jonction sur les chevrons, ce qui aurait été un peu fragile (ils font que 3cm, donc la volige n’aurait mordu que de 15mm de chaque côté, avec du clou de 90, ça aurait tout fendu), on a filé, et Michel est monté poser des « rustines », c’est à dire des morceaux de planches, vissées sur les jonctions de planches. C’est plus costaud, et ça nous a éviter de faire des chutes. Mais ça prend du temps.
Enfin bref, on avait donc pas fini dimanche soir, et j’ai donc demandé à Michel de revenir le lendemain, en espérant finir. J’ai fait ça tous les jours jusqu’à mercredi soir, où on a enfin fini pour de vrai. Ca nous a fait une semaine de 60 heures, on était un peu vannés ! !
isolation toit botte paille c' fait
Lundi, avec l’aide de Manu l’après-midi, on a quand même réussi à terminer le plafond. Ci-dessous une image haute résolution, pour que vous puissiez vous rendre compte de l’aspect rustique de la chose. Cliquez sur l’image pour la voir en grand.
isolation toit botte paille c' fait
Il y a des jours entre les planches, qui vont sans doute grandir encore un peu en séchant, mais pas trop, car la volige avait déjà 3 mois. Si vous en faites autant, méfiez-vous de la volige trop fraîche  : le retrait peut être impressionnant  ! D’où l’absolue nécessité d’avoir un kraft bien posé, pour éviter que de la poussière de paille ne nous tombe dessus jusqu’à la fin de nos jours.
Sur la partie horizontale, on a scotché ensemble toutes les laies avec du scotch spécial pare-vapeur, un truc qui coûte 1 euro du mètre, et qui colle super bien.
isolation toit botte paille c' faitMardi, on a pu ensuite passer sur le toit pour continuer à mettre la paille. Thomas (aidé de Julien) avait posé quasiment toute la partie en pente, et il nous restait à poser la partie horizontale.
Au dernier moment, je me suis rappelé qu’il fallait faire la réservation pour le passage de la cheminée. Michel s’en est acquitté avec sa dextérité habituelle  :
isolation toit botte paille c' fait

Mardi midi, on avait fini de mettre la paille, et mardi soir, on avait fini de poser la volige par-dessus. Mercredi, il ne nous restait donc plus que le pare-pluie, et les liteaux.
isolation toit botte paille c' fait
On a espacé les liteaux de ventilation de 40cm. C’est plutôt serré, mais vu que les chevrons en dessous sont espacés de 80cm, c’était soit ça, et on avait un liteau sur 2 appuyé sur un chevron, soit on les espaçait de 50 à 60, ce qui est la norme, mais aucun n’était appuyé sur un chevron. La volige étant appuyée sur la paille, on aurait pu l’envisager. Mais vu le prix du liteau, on a choisi la sécurité.
Dans un premier temps, on les a agrafés, parce que l’agrafeuse à air comprimé, c’est vraiment ultra rapide. Mais il faudra que je rajoute quelques clous de 90 pour solidifier tout ça. Mais je vous recommande vraiment l’agrafeuse à air comprimé  : ça va à toute berzingue.
isolation toit botte paille c' fait
et voilà le travail  !

Bon, ça y est, après 3 semaines pas très productives, on est à peu près prêts pour attaquer l’isolation du toit. On voudrait essayer de tout faire en 1 week-end :
– pose du kraft pare-poussière en dessous des chevrons
– pose de la volige poncée en sous plafond
– remplissage entre les chevrons avec les bottes de paille
– pose de la volige tout venant sur les chevrons
– pose du pare-pluie et d’une première couche de tasseaux pour le faire tenir
Ca va être pas mal de boulot, mais on peut faire plusieurs équipes, donc si vous êtes intéressés, vous êtes les bienvenus. On s’occupe du casse-croûte, et on peut loger quelque personnes, s’il faut.

Fin du chevronnage

septembre 5th, 2008 | Posted by Matthieu in Journal de la construction - (4 Comments)

Samedi matin, j’ai fini de visser le débord de toiture ouest, et l’après-midi, Bernard est venu m’aider, et on l’a mis en place, puis en 2h, on a posé tous les chevrons. La technique est simple et rapide  : les chevrons sont coupés juste d’un côté, vers le bas. On fait une marque à 50cm, qui doit s’aligner sur le mur. On pose le chevron en le faisant dépasser en haut, on le clou en bas. On fait ça d’un côté du toit pour tous les chevrons, puis on passe à l’autre. Et là, on croise les chevrons en haut, en les appuyant l’un contre l’autre. Ensuite, on les cloue ensemble, et y’a plus qu’à découper ce qui dépasse. Ca fait un assemblage très solide, qui empêche les chevrons et de glisser vers le bas, et de basculer sur le côté.
fin chevronnage
fin chevronnage
fin chevronnage
Manu n’en n’a pas foutu une aujourd’hui, mais il s’arrange quand même pour être sur la photo…
fin chevronnage

Dimanche, Michaël est passé, et catastrophe, je n’avais pas compris ses explications pour les morceaux de chevrons qui portent le débord de toiture des 2 côtés. Ce que j’ai fait n’est pas du tout solide ! ! Décidément, dès que je n’ai pas un plan précis, c’est vachement moins évident… Et dire qu’on a passé une journée à faire ces assemblages… Enfin bon, après discussion, je devrais m’en tirer avec des cornières métallique, pour solidifier le tout.

En début de semaine, j’ai fait la deuxième couche de lisse haute partout. C’est un peu compliqué, parce qu’il faut croiser aux angles, et comme on arrive au toit qui est en pente, faut faire des coupes en biais au bout. J’ai aussi du arracher des clous pour redresser un mur que j’avais cloué un peu trop précipitamment, et qui n’était pas vertical…
faitiere chevronsJeudi soir, on a donc attaqué la faîtière avec Manu, et Mathieu qui est venu nous filer un petit coup de main.
En fait, la faîtière repose sur les murs des deux côtés, et sur 2 poteaux au milieu. on la monte donc en 3 sections, qui sont raccordés au niveau des poteaux. Et chaque section est elle-même constituée de 3 grosses « planches » de 5×35, qu’on larde ensemble. Ca permet de monter tout ça sans problème à la main, ce qui n’aurait pas été possible si ça avait été une seule poutre.
On a fini la cette faîtière vendredi, avec Manu, et puis on a commencer à couper les chevrons. Vu que je vais isoler le toit avec des bottes de paille, les chevrons font 35cm de haut, et du fait de cette hauteur, ils n’ont pas besoin d’être épais. Ils ne font donc que 3cm d’épaisseur. Là aussi, c’est pratique pour les monter, mais c’est vrai que ça fait un peu bizarre, cette section pour des chevrons. On découpe le bout à 45°, pour affiner un peu.
Samedi soir, avec Julien, on a continué à couper les chevrons, et on a commencé à découper les mis-bois, qui vont soutenir le chevrons qui fera le débord de toiture, et qui n’a donc que la faîtière comme point d’appui.
faitiere chevrons
faitiere chevronsEt dimanche, on attaque la pose des chevrons. Il y a Manu, Julien, Bernard, Domi, Laurence, les enfants et moi, ça fait une sacré troupe  ! Pas évident de donner du travail à tout le monde…On espérait finir dans la journée, mais en fait, la gestion du débord de toiture prend plus de temps que prévu, et à midi, on a à peine fini les 3 premiers chevrons. On reprend l’après midi, et en bossant comme des bêtes, on arrive à poser les 3 de l’autre bout. Manque plus qu’à les visser. On est tous complètement morts de fatigue, je pensais pas que ce serait si dur. Dans l’autoconstruction, y’a des parties plus dures que d’autres, quand même. Ensuite, ça devrait aller plus vite, les chevrons du milieu étant bien plus simples à poser. J’espère qu’on pourra faire ça ce week-end.
faitiere chevrons

Je pensais qu’on finirait le solivage le week-end dernier, mais en fait samedi, un agriculteur que j’avais contacté pour me fournir la paille manquante m’a appelé pour me dire qu’il bottelait dans l’après-midi, et qu’il fallait venir chercher les bottes de suite. Je n’avais pas le temps de faire venir André, le transporteur, j’ai donc emprunté un fourgon. Et avec Bernard et Domi, on s’est fait 6 voyages de 26-27 bottes dans l’après-midi. Pas génial, le fourgon, pour transporter les bottes. C’est pas tant qu’on en met peu, mais plutôt que c’est long à charger et à décharger.
C’est pas de la paille bio, mais elle n’est pas désherbée. Il y a juste un peu d’engrais. Du coup, plein de mauvaise herbe aussi, et surtout, plein de chardons ! ! ça pique les doigts, et ça fait plein de poussière. C’est pas de la très belle botte, mais bon. J’espère que c’est bon quand même pour la construction…

Dimanche, on a continué un peu le solivage, mais on a pas trop forcé. Faut laisser un peu de place au repos de temps en temps  ! Et puis il faisait une de ces chaleur  !

Lundi matin, levé 5h30 pour aller chercher d’autres bottes que l’agriculteur avait pressées la veille. Ce coup ci, au lieu de prendre le fourgon, j’ai demandé à Denis, qui m’avait fourni les premières bottes, de venir avec son tracteur et une charrette. Le tracteur roule bien plus lentement sur la route (30-40km/h), mais par contre, on rentre 90 bottes sur la charrette, et en quasiment autant de temps que les 26 dans la fourgon. Il y avait 150 bottes, donc en deux voyages, c’était bon. On s’était levé tôt pour éviter les grosses chaleurs, mais en fait, il faisait gris et froid. Et le temps qu’on bâche le tas après le dernier voyage, il s’est mis à tombé des cordes ! ! on l’a échappée belle. Laurence était allée chercher un rouleau de bâche agricole au Comptoir Agricole  : 100 euros le rouleau de 8x40m  ! Ca vaut pas le coup de se priver. Bon, il n’y a pas les oeillets comme dans les bâches toutes faites, mais c’est moins cher et plus étanche.

Lundi après-midi, la pluie s’est arrêtée, et Manu étant revenu de vacances, on est allé faire un peu de solivage / ponçage.

Mardi, il avait plu toute la nuit (75mm en 24h ! !), et le terrain était détrempé, on a donc décidé de rester à la maison.

murs premiers etageEt de mercredi à samedi, de 7h du matin à 7h du soir, avec Manu, on a bossé comme des stakhanovistes. Laurence et Moïra au ponçage, Domi qui s’occupait des enfants, et Bernard qui est venu nous aider à terminer samedi.
murs premiers etageIl a d’abord fallu terminer le solivage, puis poser le plancher dessus. C’est de la volige qu’il a donc fallu poncer sur une face. Ca va nous servir de plancher pour monter les murs de l’étage, mais ce n’est bien sûr pas le plancher définitif. C’est plutôt le plafond du rez-de-chaussée, sur lequel viendra un isolant phonique, puis le plancher en châtaignier.

murs premiers etage

murs premiers etageVu que j’avais déjà coupé le bois pour, on a fait les murs du préau en 2 temps 3 mouvements. Mazette, il va être grand, ce préau ! !
Donc en fait, vendredi soir, on a assemblé le grand mur du préau. On a essayé de le monter à 2, mais c’était trop lourd. On l’a donc monté vendredi matin, avec Bernard et Domi. Ensuite, on a enchaîné direct sur le petit mur, qu’on a monté tout de suite, dans la matinée. L’après midi, on a coupé, assemblé et dressé le mur ouest de l’étage.
Puis samedi matin, on a fait le mur est, puis Bernard est arrivé, et on a préparé le mur nord. Et l’après midi, on a assemblé et dressé le mur nord, puis le mur sud, et on avait fini à 5h  !

On commence à bien voir les volumes de la maison. Sans les cloisons, ça paraît petit et grand à la fois. Les volumes sont vraiment beaux.
murs premiers etage