Autoconstruction en botte de paille

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lundi, avril 28 2008

les intérêts intercalaires

Quand on fait un prêt pour le terrain et ou la maison, il faut quasiment tout le temps payer des intérêts intercalaires (aussi appelés "différé d'amortissement", car même si un différé d'amortissement n'implique pas forcément d'intérêts intercalaires, je ne pense pas que l'un aille souvent sans l'autre). Et ça pose pas mal de questions. Après avoir tourné le truc dans tous les sens, voici la meilleure solution qu'on a trouvée pour nous. Je vous garantie pas que ce soit le cas pour tout le monde, mais bon. Presque.

D'abord, c'est quoi :

les intérêts intercalaire, c'est l'argent qu'on donne au banquier en plus des intérêts normaux, en échange du fait qu'il nous prête une partie de l'argent tout de suite, mais que le remboursement du prêt proprement dit ne commencera que quand il nous aura tout donné.
Ce qui veut dire que pendant la durée du chantier, vous n'allez pas commencer à rembourser le prêt. Vous allez juste payer des intérêts sur la partie effectivement débloquée par le banquier. Donc au début, ce sera pas beaucoup, et au fur et à mesure qu'il va vous libérer de l'argent pour payer les factures, le montant va augmenter, jusqu'à approcher les mensualités que vous aurez après.
Et vu qu'en général, pendant ce temps, vous continuez à payer le loyer de votre logement actuel, ben ça fait double loyer. Du coup, ça mérite de s'y pencher pour savoir comment dépenser le moins possible. Parce qu'en auto construction, ça va durer au moins un an, cette double dépense, sauf si vous arrivez à loger dans une caravane pendant la durée des travaux.

Comment sont-ils calculés ?

Le calcul est sans doute assez compliqué, mais le banquier m'a dit qu'en gros, ça correspondait au montant débloqué, multiplié par le taux du prêt, et divisé par 12. Soit par exemple pour un taux à 5%, et un montant débloqué de 50 000 euros, ça fait 50 000 x 5% / 12 = 208 euros de mensualité.
Et bien sûr, c'est recalculé chaque mois.

Quand débloquer le prêt ?

Face à ça, notre premier réflexe a été de dire : il faut débloquer l'argent le plus tard possible, pour ne payer ces intérêts sur une période la plus courte possible. Donc utiliser d'abord l'apport personnel avant d'utiliser le prêt.
Mais en fait, ce n'est pas si évident. Surtout si la première dépense est l'achat du terrain, et que ça représente la moitié ou plus du budget total. Dans notre cas : 150 000 pour le terrain avec frais d'agence et frais de notaire), 100 000 pour la maison, et un prêt de 180 000 (soit un apport personnel de 70 000)
Car si on met la majeure partie de son apport personnel dans l'achat du terrain, on a débloqué effectivement moins d'argent chez le banquier, et la première mensualité d'intérêts intercalaires est plus faible que si le banquier payait tout le terrain. Mais en même temps, dans ce cas là, dès le début des travaux, il faut faire appel au banquier, et donc les mensualités augmentent rapidement.
Alors que si le banquier paye tout le terrain, la première mensualité est certes plus élevée, mais elle ne bouge pas pendant un moment, car on peut utiliser l'apport personnel pour commencer à construire.

Conclusion

J'ai calculé qu'entre la solution de faire débloquer 100 000 euros par le banquier tout de suite, ou 150 000 tout de suite, sur toute la durée de la construction, ça ne faisait un surcoût que de 600 euros (6600 au lieu de 6000).
Alors vous me direz : 600 euros, c'est toujours ça. Et puis dans certain cas de figure, ça peut être plus. Mais en même temps, garder l'apport personnel pour payer la construction, ça a l'avantage de la simplicité : vous n'êtes pas obligé de produire une facture pour la moindre dépense. Et puis en attendant de l'utiliser, votre argent peut rester placé quelque part, et ça compense rapidement ces 600 euros de surcoût.
Bref, on a décidé de faire payer l'intégralité du terrain par le banquier, et de ne débloquer les 30 000 restants qu'à la fin du chantier. Ca va nous coûter environ 6600 euros d'intérêts intercalaires, qu'on va bien sûr payer avec l'apport personnel, parce qu'on ne peut pas faire rentrer ça dans le budget mensuel.

Ca y est, on a le permis !

Depuis la semaine dernière, en fait, pour être précis. Et depuis, de jour en jour, je m'aperçois qu'il manque encore quelque chose pour pouvoir faire la vente. Nous qui croyions qu'une fois le permis obtenu, on pourrait passer chez le notaire...
Déjà, on a reçu le permis avec 15 jours de retard, mais en plus, il faut encore 15 jours pour avoir le rendez-vous avec le notaire. Sachant qu'on avait déjà déposé le permis avec 2 mois de retard, ça fait en tout 3 mois par rapport à la date indiquée sur le compromis de vente.

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lundi, avril 14 2008

Maison en paille en Murs Porteurs : la technique "Nebraska"

Il y a plusieurs techniques de construction de maison en botte de paille (en fait, environ 1 par constructeur). La principale et la plus ancienne, je pense, est la technique en murs porteurs, dite "Nebraska", de la région des États Unis où elle s'est développée. Ce n'est pas la technique que j'ai retenue pour ma maison, mais elle est quand même intéressante. Voici en deux mots en quoi elle consiste.

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mardi, avril 8 2008

Pourquoi construire en botte de paille ?

Je dois dire que j'avais au départ un assez mauvais a priori sur les bottes de paille. J'avais visité il y a longtemps de ça une maison en mur porteur (sans ossature bois), et l'aspect tout mou, pas très solide, vachement new age du truc ne m'avait pas fait envie.
Et puis c'est mon frère qui m'en a reparlé, et qui m'a appris qu'on pouvait construire en paille, mais avec une ossature-bois. A partir de ce moment là, on a commencé à lire ce qu'on trouvait sur internet, Laurence et moi, puis on a acheté notre premier bouquin, et on a été très vite convaincu que c'était la technique qu'il nous fallait. Très adaptée à l'autoconstruction, en plus.

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jeudi, mars 13 2008

Fiche de lecture : L'isolation écologique


L'isolation écologique
Jean-Pierre Oliva
Editions Terre Vivante
27€ chez Amazon

Impossible de se lancer dans l'auto-éco-construction sans avoir ce bouquin (ainsi que tout ceux de la série). Je n'arrête pas de m'y référer.
Il y a tout dedans. D'abord une première partie avec quelques notions techniques sur l'isolation, les flux de chaleurs, les unités (delta, R, etc). C'est technique mais très clair et compréhensible.
Ensuite une partie qui passe en revue les principaux matériaux existants. Des fois, on aimerait avoir plus de détails, de comparatifs, d'avis, mais bon, c'est déjà super. Ca permet de se retrouver dans la jungle des matériaux écolos proposés par les vendeurs.
Et puis enfin une partie "techniques de mises en oeuvres", qui préconise des solutions pour les différents besoins (planchers, murs, toits...).

Et tout du long du livre, pleins de croquis, de photos, de règles de calculs...

Ce n'est pas forcément le bouquin qu'il faut avoir au tout début, quand on est en train de rêver à sa maison. Mais dès qu'on commence à se rapprocher des plans, qu'il faut faire des choix techniques, ce bouquin (et son pendant sur l'isolation phonique) deviennent totalement indispensables.

Alors vous me direz, quand on construit en paille, on a une bonne partie des problèmes d'isolation qui est réglée. Ce qui est vrai. Et même pour le toit, je me prépare à isoler en botte de paille. Mais il reste toujours pleins de petits trucs, à gauche à droite, pour lesquels il est bon de connaître les différentes possibilités : cloisons, dalle, zones des murs où les bottes ne rentrent pas...

Pour l'achetez, soit vous cliquez sur le lien ci-dessus, et amazon me verse une petite commission, avec laquelle je vais pouvoir rajouter une aile à mon château, soit vous l'achetez directement chez Terre Vivante, qui ont une boutique de vente en ligne pas très bien faite, mais avec plein d'autres bouquins tout aussi intéressants. Sinon, on le trouve aussi dans toutes les bonnes crémeries.

vendredi, mars 7 2008

Fiche de lecture : The Design of Straw Bale Building


The Design of Straw Bale Building
The state of the Art
Par Bruce King
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J'ai entendu parler de ce livre sur le site lamaisonenpaille.com, qui est en train de le traduire, parce que c'est LA référence technique en matière de construction en paille. Ne pouvant attendre cette traduction, prévue octobre 2008, j'ai donc commandé la version originale, en anglais, chez Amazon.fr, pour 24 euros
Mais j'ai été un petit peu déçu, car en fait, ce livre se concentre uniquement sur les murs porteurs (et sur les études techniques de résistance), et ne parle pas du tout des maisons à ossature, si ce n'est pour dire que dans ces cas là, la résistance de la paille n'entre pas du tout en jeu.
Moi qui cherche un système avec ossature où la paille joue non seulement le rôle d'isolant, mais vient aussi renforcer l'ossature, tant au niveau charge verticale que contreventement.

Par ailleurs, même au niveau des murs porteurs, je cite un passage du bouquin (traduction à la grosse) :
"Dans la majeure partie du monde, les constructions ne sont jamais concernées par les rares et extrêmes charges qui pousseront le système dans la zone de risque. Si votre projet est dans une zone où les vents ne soufflent jamais assez fort (ouragan, type "Santa Ana", vents chauds des canyon (sic), et tornades) pour jeter de lourds objets sur vos façades, et que c'est aussi une zone sans risques sismiques particuliers, alors soyez content, ce sera facile. Si ce n'est pas le cas, lisez attentivement le reste de ce chapitre."
Donc en gros, en conditions normales, y'a pas à s'en faire pour la résistance d'un mur en paille. Il cite même un cas où un mur en paille non crépis résiste à un ouragan. Donc en gros, bouquin intéressant, mais pas forcément utile dans la majorité des cas qui nous intéressent.

Cela dit, je l'ai lu en diagonale, et mon anglais technique n'est pas parfait, j'ai peut-être manqué d'autres trucs plus intéressants.

jeudi, mars 6 2008

Début...

Et voici donc le premier billet de ce blog dédié à l'auto-construction de notre maison en paille. Je vais essayer de tenir le journal de la construction, mais aussi de vous faire part de mes différentes recherches, questions et solutions sur les techniques. N'hésitez pas à participer dans les commentaires !
Nous avons déjà trouvé notre terrain, dans un petit village entre Alès et Uzès. Nous avons déposé le permis de construire le 10 février, donc théoriquement, le 10 avril au plus tard, nous avons notre permis. On achète le terrain de suite, et on enchaîne avec le début du chantier.

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